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dimanche 4 octobre 2026

En direct du MET, le 17 octobre 2026 : “Macbeth“ ...

Deuxième retransmission de la saison 2026-2027 du MET (Metropolitan Opera de New-York), dans le cadre du programme "Live in HD", samedi 17/10/2026 à 19:00 (*), avec l'œuvre "Macbeth" de Giuseppe Verdi (1813-1901). Il s'agit d'une nouvelle production très attendue, première mise en scène de l’ouvrage au MET depuis près de vingt ans. Cette diffusion mondiale en salles de cinéma offre une occasion rare de découvrir l’une des œuvres les plus sombres et innovantes du compositeur italien.

Rappel sur l’origine de l’œuvre

Macbeth est le dixième opéra de Giuseppe Verdi et sa première adaptation d’une pièce de Shakespeare, marquant le début d’une fascination durable du compositeur pour le dramaturge anglais (qui se poursuivra avec Otello et Falstaff).

C'est un opéra en quatre actes composé sur un livret de Francesco Maria Piave (avec des contributions substantielles d’Andrea Maffei, sollicité par Verdi lui-même pour affiner le texte), l’ouvrage constitue une rupture esthétique majeure dans le parcours du compositeur. Il fut créé le 14 mars 1847 au Teatro della Pergola de Florence, 

Plusieurs choix audacieux distinguent cette partition: absence d’intrigue amoureuse (rare pour l’époque), rôle-titre confié à un baryton (Felice Varesi, choisi pour son intensité dramatique) plutôt qu’à un ténor, et exploration psychologique intense des personnages, centrée sur l’ambition, la culpabilité et la folie.

Le public florentin accueillit l’œuvre avec enthousiasme: Verdi fut rappelé des dizaines de fois sur scène après la première, et l’opéra fut repris rapidement dans les principaux théâtres italiens.

En 1865, Verdi entreprit une révision profonde de l’ouvrage pour une création parisienne au Théâtre Lyrique, dans une version française enrichie. Il ajouta notamment l’aria "La luce langue" pour Lady Macbeth, un nouveau duo, des chœurs supplémentaires, une scène de mort retravaillée et un ballet (obligatoire pour les scènes lyriques parisiennes).

Cette version "parisienne", souvent traduite ensuite en italien et présentée dès 1874 à Milan, s’imposa progressivement au XXème siècle comme la référence scénique, même si certaines productions contemporaines réintègrent des éléments de la version originale de 1847.

L'œuvre proprement dite

Résumé de l’œuvre

L’action se déroule au début du Xème siècle en Écosse. En voici un bref résumé:

A l’issue d’une bataille victorieuse, les généraux Macbeth et Banquo rencontrent un trio de sorcières qui leur délivrent des prophéties troublantes: Macbeth sera fait roi, tandis que Banquo engendrera une lignée de souverains.

Peu après, Macbeth apprend qu’il a été nommé Thane de Cawdor, ce qui donne crédibilité aux prédictions surnaturelles. Poussé par l’ambition et surtout par Lady Macbeth, qui doute de sa résolution et invoque les forces obscures pour se durcir, il assassine le roi Duncan, venu passer la nuit dans son château.

Pour consolider son pouvoir, Macbeth fait ensuite tuer Banquo, dont la descendance menace sa légitimité, mais le fils de Banquo, Fleance, parvient à s’échapper. Hanté par le fantôme de son ancien compagnon lors d’un banquet, puis confronté à de nouvelles prophéties ambiguës (aucun homme "né d’une femme" ne pourra le vaincre; il ne tombera que lorsque la forêt de Birnam marchera sur Dunsinane), Macbeth sombre dans la paranoïa et la tyrannie.

De son côté, Lady Macbeth, rongée par le remords, est saisie d’une crise de somnambulisme au cours de laquelle elle tente désespérément de laver des taches de sang imaginaires, avant de mourir (probablement par suicide).

Macduff, noble écossais dont la famille a été massacrée sur ordre de Macbeth, rejoint le fils de Duncan, Malcolm, et mène la révolte. Les prophéties se retournent contre Macbeth: Macduff, "arraché avant terme du sein de sa mère", n’est pas "né d’une femme" au sens ordinaire, et les soldats avancent masqués de branchages, donnant l’illusion que la forêt marche. Macbeth périt dans un duel final, et Malcolm est proclamé roi, restaurant ensuite l’ordre en Ecosse.

Thèmes abordés

Les thèmes principaux de Macbeth sont les suivants:

  • L’ambition dévorante et ses conséquences destructrices: Macbeth, d’abord guerrier loyal, se laisse consumer par une ambition démesurée qui le transforme en tyran et entraîne sa perte ainsi que celle de l’Écosse.
  • Le libre arbitre face au destin et aux forces surnaturelles: les prophéties des sorcières ne contraignent pas Macbeth, mais elles réveillent et orientent ses désirs, posant la question de la responsabilité morale dans un monde où le surnaturel brouille les frontières entre fatalité et choix.
  • La culpabilité, le remords et la descente dans la folie: la culpabilité se manifeste par des hallucinations (le poignard, le fantôme de Banquo), des voix, l’insomnie, puis la crise de somnambulisme de Lady Macbeth, où le sang devient métaphore d’une faute indélébile.
  • Le pouvoir tyrannique et l’oppression (écho au Risorgimento italien): sous Macbeth, l’Écosse devient une terre de terreur et de chaos, ce qui résonnait, en 1847, avec les aspirations libérales et nationales italiennes contre l’oppression étrangère; Verdi lui-même était perçu comme un symbole du Risorgimento.
  • La nuit, le sang et l’obscurité comme métaphores du mal: l’opéra multiplie les images de ténèbres, de taches de sang et de rituels nocturnes (scène des sorcières, somnambulisme) pour traduire la corruption morale et le basculement dans le mal.

Distribution annoncée

Pour cette soirée du 17 octobre 2026, le Metropolitan Opera propose la distribution que voici: 

Macbeth : Quinn Kelsey
Lady Macbeth : Lise Davidsen
Macduff : Freddie De Tommaso
Banquo : Ryan Speedo Green
Direction musicale : Yannick Nézet-Séguin
Mise en scène : Louisa Proske
Décors : Jon Bausor
Costumes : Montana Levi Blanco 
Lumières : Adam Silverman 
Chorégraphie : Jorrell Lawyer-Jefferson

Yannick Nézet-Séguin, directeur musical du Metropolitan Opera, apporte une lecture intense, précise et théâtralement tendue à cette partition sombre, en soulignant à la fois la violence orchestrale, la couleur des chœurs (notamment ceux des sorcières) et la progression psychologique des deux protagonistes.

Louisa Proske, jeune metteuse en scène déjà reconnue pour ses interprétations contemporaines et incisives, propose une vision pénétrante du drame shakespearien et de la soif de pouvoir, en travaillant étroitement avec le scénographe Jon Bausor, la costumière Montana Levi Blanco et le concepteur lumières Adam Silverman pour créer un univers visuel où dominent la nuit, le sang et l’oppression.

Concernant enfin les rôles principaux et les interprètes:
  • Macbeth (baryton) – Quinn Kelsey
    Quinn Kelsey, baryton américain régulièrement acclamé dans les grands rôles verdiens (Rigoletto, Iago, Nabucco), incarne un Macbeth hanté et complexe, passant de la bravoure guerrière à la paranoïa tyrannique, avec une voix sombre et une présence scénique particulièrement adaptées à ce personnage tourmenté.
  • Lady Macbeth (soprano) – Lise Davidsen
    Lise Davidsen, soprano dramatique norvégienne parmi les plus marquantes de sa génération, affronte le rôle redoutable de Lady Macbeth, exigeant puissance, agilité et intensité théâtrale: elle doit dominer les aigus stridents des invocations nocturnes, la férocité des duos avec Macbeth, puis la fragilité désespérée de la scène de somnambulisme.
  • Macduff (ténor) – Freddie De Tommaso
    Freddie De Tommaso, ténor britannique en pleine ascension, apporte héroïsme et émotion à Macduff, figure de la résistance morale et politique, tandis que Ryan Speedo Green, basse-bariton à la voix profonde et à la présence imposante, donne profondeur et noble présence à Banquo, ami devenu victime, dont la lignée royale hante Macbeth.

Arias célèbres et synopsis complet

Parmi les nombreux moments forts de Macbeth, certains numéros vocaux sont devenus emblématiques, résumant à eux seuls la puissance dramatique et l’invention musicale de Verdi. Ces arias, confiées principalement à Lady Macbeth et à Macduff, illustrent les thèmes centraux de l’ambition, de la culpabilité et de la vengeance.

En voici quelques-unes des plus célèbres, avec leur contexte dans l’action et leur signification dramatique:

  • "Vieni ! t’affretta !" (Acte I) Dans cette scène d’ouverture du premier acte, Lady Macbeth lit la lettre de son mari lui rapportant les prophéties des sorcières. Immédiatement enflammée d’ambition, elle exhorte Macbeth à se hâter pour saisir la couronne. Cette aria de détermination farouche révèle d’emblée la volonté de fer du personnage: la ligne vocale, nerveuse et incisive, alterne élans impérieux et couleurs sombres, tandis que l’orchestre soutient une tension dramatique presque fiévreuse. Verdi y impose déjà une Lady Macbeth qui doit être autant actrice que chanteuse, capable de traduire la cruauté et la résolution sans perdre en puissance vocale. En voici trois interprétations différentes par respectivement Liudmyla Monastyrska, Asmik Grigorian et Paoletta Marrocu:
  • "La luce langue" (Acte II, version 1865) Ajoutée lors de la révision parisienne de 1865, cette aria remplace un numéro antérieur ("Trionfai !") et intervient au cœur de la nuit, après le meurtre de Duncan. Lady Macbeth exulte dans l’obscurité et appelle de nouveaux crimes pour consolider le pouvoir de son mari. Le texte évoque la lumière qui s’éteint, la nuit qui règne, et une soif de sang inassouvie. Musicalement, c’est un moment d’intense noirceur psychologique: la mélodie serpente dans des registres graves et médians, ponctué d’éclats aigus, tandis que l’orchestration crée une atmosphère étouffante, presque hallucinée. Cette aria est souvent considérée comme plus sophistiquée et mieux intégrée dramatiquement que la version de 1847, même si certains spécialistes débattent de son impact théâtral exact.
    En voici trois interprétations différentes par respectivement Anna Netrebko, Elīna Garanča et Asmik Grigorian:
  • "Una macchia è qui tuttora" (Acte IV) Au quatrième acte, Lady Macbeth, rongée par le remords, apparaît dans une célèbre scène de somnambulisme. Dans un climat nocturne et suspendu, elle tente en vain d’effacer une tache de sang imaginaire sur ses mains, répétant des fragments de phrases liés aux meurtres de Duncan et de Banquo. La musique se fait rare, presque irréelle, avec des lignes vocales fragmentées et une orchestration minimaliste qui matérialise la culpabilité. Ce numéro est considéré comme l’un des sommets dramatiques de l’opéra et l’un des grands moments du répertoire pour soprano dramatique, exigeant à la fois contrôle, nuance et intensité expressive. En voici trois interprétations différentes par respectivement Anna Netrebko, Asmik Grigorian et Jennifer Rowley:
  • "Ah, la paterna mano" (Acte IV)
    Toujours au quatrième acte, après avoir appris le massacre de sa femme et de ses enfants ordonné par Macbeth, Macduff pleure et jure vengeance.
    Cette aria d’une émotion pure et d’une grandeur lyrique contraste avec l’obscurité dominante de l’ouvrage: la ligne vocale est noble, douloureuse, mais contenue, avant de se transformer en détermination guerrière. Verdi y dessine une figure de résistance morale et politique, essentielle à la restauration finale de l’ordre. En voici deux interprétations différentes par respectivement Luciano Pavarotti et Dimitri Pittas:

Enfin et en complément de tout ce qui précède, voici le synopsis complet de ce splendide opéra. 

Impact et héritage

Macbeth marque une étape décisive dans l’évolution de Verdi: abandon des conventions du bel canto purement virtuose au profit d’une dramaturgie psychologique plus moderne et d’une orchestration expressive. Dès sa création en 1847, l’ouvrage se distingue par son traitement novateur des passions et de la culpabilité, anticipant les grandes tragédies verdiennes de la maturité.

Longtemps éclipsé par les succès ultérieurs (Rigoletto, La Traviata, Aida), Macbeth connaît une longue période d’oubli relatif avant d’être pleinement réhabilité au XXème siècle. Ce renouveau doit beaucoup à des interprètes légendaires, notamment Maria Callas, dont la prestation à La Scala en 1952 permet à l’opéra d’entrer durablement au répertoire, et Shirley Verrett, triomphante dans le rôle-titre sous la direction de Claudio Abbado et la mise en scène de Giorgio Strehler en 1975.

Il s’impose aujourd’hui comme l’une des plus grandes œuvres verdiennes de maturité précoce, fidèle à l’esprit shakespearien tout en affirmant une voix opératique singulière. Son influence se mesure à la place qu’il occupe désormais dans les programmations internationales et à la fascination qu’il continue d’exercer sur les interprètes et les metteurs en scène. 

La nouvelle production du Metropolitan Opera, confiée à la metteuse en scène Louisa Proske et dirigée musicalement par Yannick Nézet-Séguin, avec Quinn Kelsey (Macbeth) et Lise Davidsen (Lady Macbeth), confirme cet héritage vivant.

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(*) : Les dates/heures peuvent varier d'une Salle de Spectacle à l'autre. Toujours bien se renseigner au préalable !!!

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Ensuite et à tout instant, il sera possible de revenir à l'état initial
en cliquant à nouveau sur cette même icône !
Cela, naturellement, en utilisant, au strict minimum, un casque audio de qualité !!!

Nota Bene: Les informations/photos contenues dans cet article proviennent, pour l'essentiel, de sites Internet spécialisés (MET, Opera Online, Backtrack, ForumOpera, Ôlyrix) ainsi que de la "Mine d'or" YouTube. Sans oublier la véritable "Bible" en la matière que constitue le livre "Tout l'Opéra" de Gustave Kobbé.

dimanche 27 septembre 2026

En direct du MET, le 03/10/2026 : “Cosi Fan Tutte“ ...

Première retransmission de la saison 2026-2027 du MET (Metropolitan Opera de New-York), dans le cadre du programme "Live in HD", samedi 03/10/2026 à 19:00 (*), avec l'œuvre "Cosi Fan Tutte" de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791). Cette production colorée et inventive, signée Phelim McDermott, transpose l’intrigue dans l’atmosphère nostalgique de Coney Island au début des années 1950, transformant la célèbre comédie en un tour de manège aussi jubilatoire que mélancolique.

Grâce à la technologie de diffusion cinématographique du MET, cet opéra sera projeté en direct dans des salles du monde entier, offrant au public une expérience immersive et fidèle à la scène new-yorkaise. Les spectateurs pourront ainsi découvrir l’une des œuvres les plus subtiles et ironiques de Mozart, où se mêlent jeu des apparences, tests de fidélité et réflexions sur la nature humaine, le tout porté par une direction musicale et des interprétations de premier plan.

Cette ouverture de saison marque également un moment fort pour les amateurs d’Opéra, qui retrouveront dans cette production les éléments visuels et scénographiques caractéristiques de McDermott, connus pour leur créativité et leur capacité à renouveler la lecture des classiques.

Rappel sur l’origine de l’œuvre

Così fan tutte ("Ainsi font-elles toutes"), est un opera bouffe en deux actes composé par Wolfgang Amadeus Mozart sur un livret de Lorenzo Da Ponte. Il s’agit de la troisième et dernière collaboration entre le compositeur et le librettiste, après Le nozze di Figaro (1786) et Don Giovanni (1787), formant ainsi une trilogie mozartienne majeure du genre lyrique.

L’œuvre a été créée le 26 janvier 1790 au Burgtheater de Vienne, sous la direction de Mozart lui-même. La première fut plutôt bien accueillie par le public viennois, mais la série de représentations s’interrompit après seulement cinq soirées, en raison de la mort de l’empereur Joseph II en février 1790 et de la période de deuil officiel qui s’ensuivit, suspendant les activités théâtrales dans la capitale impériale.

Au XIXème siècle, Così fan tutte tomba progressivement dans l’oubli: son sujet, jugé immoral et cynique par les critiques de l’époque, ainsi que son ton ironique et ambigu, conduisirent à une mise à l’écart de l’ouvrage, rarement programmé. Ce n’est qu’au XXème siècle, grâce à la redécouverte des œuvres de Mozart et à l’engagement de chefs d’orchestre visionnaires tels que Gustav Mahler, Richard Strauss et Thomas Beecham, que l’opéra retrouva pleinement sa place dans le répertoire international, où il est aujourd’hui considéré comme l’un des sommets de la comédie lyrique mozartienne.

L'œuvre proprement dite

Résumé de l’œuvre

L’action se déroule à Naples, au début du XVIIIème siècle. En voici un bref résumé:

A Naples, deux jeunes officiers, Ferrando et Guglielmo, se vantent de la fidélité absolue de leurs fiancées, les sœurs Fiordiligi et Dorabella. Le philosophe cynique Don Alfonso, sceptique, parie qu’elles céderont comme "toutes les femmes" (così fan tutte). Pour le prouver, les deux hommes feignent de partir à la guerre, puis reviennent déguisés en nobles Albanais. Avec la complicité de Despina, la servante rusée et pragmatique, ils entreprennent de séduire les deux sœurs.

Malgré leurs premières résistances et leurs serments de fidélité, Fiordiligi et Dorabella finissent par succomber aux avances des "étrangers", chacune trahissant sans le savoir son véritable fiancé. Lorsque la vérité éclate, les couples se retrouvent bouleversés, humiliés et confrontés à leurs propres contradictions. L’opéra s’achève sur un retour ambigu à l’ordre: les fiancés se reforment, mais rien n’est vraiment comme avant, laissant le public s’interroger sur la nature réelle des sentiments et la fragilité des engagements amoureux.

Thèmes abordés

Les thèmes centraux de Così fan tutte sont la fidélité, le désir, la tromperie, la fragilité des sentiments humains et la nature complexe de l’amour. Mozart et Da Ponte explorent avec ironie, légèreté apparente et profondeur psychologique les contradictions entre raison et passion, entre idéal et réalité.

L’œuvre interroge également les stéréotypes de genre et les conventions sociales de l’époque, en mettant en scène des personnages féminins à la fois sensibles, lucides et contradictoires. Loin d’être une simple comédie légère, Così fan tutte propose une réflexion subtile et parfois troublante sur la condition humaine, où la vérité des cœurs se révèle aussi mouvante que les apparences.

Distribution annoncée

Pour cette soirée inaugurale du 3 octobre 2026, le Metropolitan Opera propose la distribution de tout premier plan que voici: 

Fiordiligi : Federica Lombardi 
Dorabella : Samantha Hankey 
Ferrando : Duke Kim
Guglielmo : Andrey Zhilikhovsky 
Don Alfonso : Gerald Finley 
Despina : Ana María Martínez
Direction musicale : Nimrod David Pfeffer
Mise en scène: Phelim McDermott
Costumes: Laura Hopkins
Lumières/Eclairage: Paule Constable

La direction musicale est confiée à Nimrod David Pfeffer, chef d'orchestre israélo-américain renommé pour sa lecture élégante et passionnée du répertoire Bel Canto, qu’il aborde avec un équilibre rare entre discipline orchestrale et souplesse expressive.

La mise en scène de Phelim McDermott, créée en 2014 à l’English National Opera et reprise au Metropolitan Opera de New York depuis 2018, transpose l’action de l’opéra de Naples au Coney Island des années 1950. Phelim McDermott, metteur en scène britannique lauréat des Olivier Awards, y imagine un univers de fête foraine à la fois coloré, foisonnant et inventif, peuplé de manèges, de baraques d’attractions et de spectacles annexes (avaleurs de sabres, cracheurs de feu, contorsionnistes, femmes à barbe, etc.).

Les décors de Tom Pye, les costumes de Laura Hopkins et les lumières de Paule Constable contribuent à créer une atmosphère onirique et carnavalesque, où la frontière entre réalité et illusion devient poreuse. Dans cet environnement, le pari cynique de Don Alfonso se transforme en une véritable "montagne russe" émotionnelle et visuelle: les règles du monde ordinaire s’effacent, rendant ainsi crédibles les travestissements, les métamorphoses et les jeux de l’amour qui structurent l’intrigue de Così fan tutte.

Cette esthétique de parc d’attractions renforce la dimension métaphorique de l’œuvre: les personnages montent et descendent dans leurs sentiments comme on monte dans des manèges éphémères, tandis que le public est invité à réfléchir, dans un décor à la fois festif et mélancolique, à la fragilité des engagements et à la versatilité des cœurs.

Concernant enfin les rôles principaux et les interprètes:

  • Fiordiligi (soprano) – Federica Lombardi
    Sœur aînée, Fiordiligi incarne d’abord la fidélité et la vertu, notamment dans son air de constance "Come scoglio", avant de céder progressivement au doute et à la passion. Federica Lombardi, soprano italienne née en 1989, est l’une des mozartiennes les plus demandées de sa génération. Elle a déjà interprété Fiordiligi à Munich, Berlin, Turin et Rome, et s’est imposée au Metropolitan Opera dans des rôles tels que Donna Elvira, Donna Anna (Don Giovanni) ou la Comtesse (Le nozze di Figaro).
  • Dorabella (mezzo-soprano) – Samantha Hankey
    Sœur cadette, plus impulsive et sensuelle, Dorabella succombe plus rapidement aux avances des "Albanais". Samantha Hankey, mezzo-soprano américaine formée à la Juilliard School, est saluée pour sa présence scénique et son timbre lumineux. Elle a chanté Dorabella à Covent Garden, à Zurich et à Monte-Carlo, et s’illustre également dans des rôles comme Octavian (Der Rosenkavalier) ou le Compositeur (Ariadne auf Naxos).
  • Ferrando (ténor) – Duke Kim
    Officier amoureux de Dorabella, Ferrando passe de la confiance absolue en sa fiancée à la jalousie, puis à la douleur lorsque la vérité éclate. Duke Kim, ténor coréo-américain, lauréat d’Operalia et des concours du MET, a fait ses débuts sur la scène du Metropolitan Opera en 2024 dans le rôle de Tamino (La Flûte enchantée). Il chante régulièrement des rôles lyriques comme Roméo (Roméo et Juliette), Nemorino (L’elisir d’amore) ou le Duc de Mantoue (Rigoletto).
  • Guglielmo (baryton) – Andrey Zhilikhovsky
    Fiancé de Fiordiligi, plus cynique et jouisseur, Guglielmo se révèle souvent le plus blessé par l’expérience du pari. Andrey Zhilikhovsky, baryton moldave formé à Saint-Pétersbourg et au Bolchoï, est un interprète régulier de Mozart (Figaro, Don Giovanni, Guglielmo). Il a déjà chanté au MET, à Covent Garden, à Glyndebourne et à la Bayerische Staatsoper.
  • Don Alfonso (baryton-basse) – Gerald Finley
    Philosophe cynique, Don Alfonso organise le pari et manipule les jeunes gens pour démontrer sa thèse sur la fragilité de la fidélité. Gerald Finley, baryton-basse canadien de renommée internationale, est un spécialiste reconnu de Mozart. Il reprend ici un rôle qu’il a déjà incarné à plusieurs reprises, notamment au MET et à La Scala, y apportant sa maturité vocale et son intelligence dramatique.
  • Despina (soprano) – Ana María Martínez
    Servante rusée et pragmatique, complice de Don Alfonso, Despina multiplie les déguisements et les stratagèmes pour faciliter la séduction des deux sœurs. Ana María Martínez, soprano porto-ricaine primée aux Grammy, habituellement associée à de grands rôles lyriques (Mimì, Cio-Cio-San, Carmen…), aborde ici un personnage plus comique, qu’elle a déjà interprété avec succès à Los Angeles et Chicago. Elle y déploie une expérience scénique et un sens de la comédie très appréciés.

Arias célèbres et synopsis complet

Parmi la riche partition de Così fan tutte, certaines arias se sont imposées comme des pages emblématiques du répertoire mozartien, alliant beauté mélodique, virtuosité vocale et profondeur dramatique. Citons notamment:

  • "Soave sia il vento" (Acte I)
    Trio d’adieu sublime entre Fiordiligi, Dorabella et Don Alfonso, "Soave sia il vento" ("Que le vent soit doux") intervient au moment où les deux sœurs adressent leurs vœux de bon voyage à leurs fiancés, qui feignent de partir à la guerre. Les voix s’entrelacent dans une écriture fluide et apaisée, évoquant une mer calme et un ciel clément. Ce moment d’une pureté et d’une émotion poignantes contraste ironiquement avec la tromperie déjà en marche, soulignant la fragilité des serments prononcés.

    En voici une interprétation par Nicolas Rivenq (Don Alfonsoà, Miah Persson (Fiordiligi) et Anke Vondung (Dorabella):
  • "Come scoglio" (Acte I)
    "Come scoglio" ("Comme un rocher") est la grande aria de Fiordiligi, dans laquelle elle affirme sa constance amoureuse, se comparant à un rocher immobile face aux vents et à la tempête. D’une écriture vocale virtuose et dramatique, elle exige de l’interprète agilité, puissance et contrôle, tout en révélant la fermeté apparente de l’héroïne avant que le doute ne s’insinue progressivement en elle. Cette aria constitue l’un des sommets techniques et expressifs du rôle de Fiordiligi..


    En voici trois interprétations différentes par respectivement Corinne Winters, Elsa Dreisig et Nicole Car:

  • "Un’aura amorosa" (Acte I), 
    "Un’aura amorosa" ("Une aura amoureuse") est l’aria lyrique et sereine de Ferrando, qui chante l’"aura" bienfaisante de sa bien-aimée comme un doux réconfort au milieu des incertitudes. D’une beauté mélodique épurée, elle offre un moment de calme et de sincérité au cœur des intrigues et des manipulations. Cette page illustre la dimension tendre et idéalisée de l’amour chez Ferrando, avant que l’épreuve du pari ne vienne ébranler ses certitudes.

    En voici quatre interprétations différentes par respectivement Daniel Behle, Matthew Polenzani, Jonas Kaufmann et Michael Spyres:



  • "Per pietà, ben mio, perdona" (Acte II)
    "Per pietà, ben mio, perdona" ("Par pitié, mon amour, pardonne") est le rondo final de Fiordiligi, dans lequel elle supplie son fiancé de lui pardonner l’erreur de son cœur. D’une écriture vocale exigeante et d’une intensité dramatique rare, cette aria explore les nuances de la culpabilité, du regret et de la vulnérabilité. Elle constitue l’un des moments les plus profonds et émotionnellement complexes de l’opéra, où se cristallisent les conséquences humaines du pari de Don Alfonso.

    En voici trois interprétations différentes par respectivement Lenneke Ruiten, Nicole Car et Daniela Dessì:


Enfin et en complément de tout ce qui précède, voici le synopsis complet de ce magnifique opéra. 

Impact et héritage

Longtemps négligée en raison de son sujet jugé frivole, cynique, voire immoral, Così fan tutte est aujourd’hui reconnue comme l’un des chefs-d’œuvre les plus sophistiqués et les plus subtils de Mozart. Sa musique, d’une richesse harmonique et orchestrale remarquable, alliée à une profondeur psychologique exceptionnelle, transcende le livret apparemment léger pour offrir une réflexion universelle sur l’amour, la fidélité, le désir et la nature humaine.

Réhabilitée au XXème siècle grâce à des chefs visionnaires (Mahler, Strauss, Beecham) et à une relecture plus nuancée de son ambiguïté morale, l’œuvre figure désormais parmi les opéras les plus joués et les plus étudiés au monde. Son influence se mesure notamment dans la manière dont elle a inspiré des mises en scène modernes et audacieuses, comme celle de Phelim McDermott au Metropolitan Opera, qui explorent ses zones d’ombre et ses contradictions sans chercher à les simplifier ni à les moraliser.

L’œuvre reste un miroir de nos propres contradictions: entre idéal et réalité, entre constance et versatilité, entre raison et passion. Elle prouve que Mozart, même dans le cadre de la comédie lyrique, savait toucher aux vérités les plus intimes et les plus troublantes du cœur humain, faisant de Così fan tutte bien plus qu’un divertissement: une expérience à la fois musicale, dramatique et philosophique.

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(*) : Les dates/heures peuvent varier d'une Salle de Spectacle à l'autre. Toujours bien se renseigner au préalable !!!

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Nota Bene: Les informations/photos contenues dans cet article proviennent, pour l'essentiel, de sites Internet spécialisés (MET, Opera Online, Backtrack, ForumOpera, Ôlyrix) ainsi que de la "Mine d'or" YouTube. Sans oublier la véritable "Bible" en la matière que constitue le livre "Tout l'Opéra" de Gustave Kobbé.

mardi 1 septembre 2026

Programme "MET Live in HD" : saison 2026-2027 ...

Le programme de la Saison "Live in HD" 2026-2027 du MET (Metropolitan Opera de New York) est connu. Cette fois-ci encore, des retransmissions en direct et en HD, dans plus de 2 000 salles à travers le monde, permettront de retrouver de grands compositeurs qui ont marqué l'histoire de l'Opéra et d'apprécier certains des plus grands noms de la scène lyrique internationale.


Pour cette saison 2026-2027, huit retransmissions en direct sont proposées, offrant une sélection variée de nouvelles productions, de reprises de classiques et d’une première mondiale au MET. Ce programme, qui célèbre la 22ème saison de retransmissions en Haute Définition, met en avant des œuvres lyriques majeures interprétées par des artistes de renom, avec des mises en scène innovantes et des chefs-d’œuvre du répertoire.

Voici le calendrier de ces retransmissions (cliquer sur le nom de l'œuvre pour afficher le synopsis correspondant):
 

"MET Live in HD”: Saison 2026-2027

 

Date

Heure

Œuvre

Compositeur

01

03/10/2026

18:55

Cosi fan tutte Mozart

Mozart

02

17/10/2026

18:55

Macbeth

Verdi

03

05/12/2026

18:55

Samson et Dalila

Saint-Saëns

04

23/01/2027

18:55

La Fanciulla del West

Puccini

05

20/03/2027

18:55

Silent Night

Puts

06

03/04/2027

18:55

Manon

Massenet

07

24/04/2027

18:55

Otello

Verdi

08

05/06/2027

17:00

Parsifal

Wagner


Voici également quelques informations sur chacun de ces huit opéras, incluant les équipes artistiques, les distributions et les particularités de chaque production, basée sur les informations disponibles.

1. Così fan tutte (Wolfgang Amadeus Mozart) – 03/10/2026
  • Description : Cette comédie légère et sophistiquée de Mozart explore les thèmes de l’amour, de la fidélité et de la tromperie à travers un pari entre deux officiers et leur ami Don Alfonso, qui met à l’épreuve la constance de leurs fiancées dans un tourbillon d’émotions et de quiproquos.
  • Mise en scène : Phelim McDermott signe une production inventive et colorée, inspirée d’un parc d’attractions, qui apporte une énergie théâtrale et visuelle moderne à cette œuvre classique.
  • Chef d’orchestre : Nimrod David Pfeffer, connu pour sa direction précise et vive dans le répertoire mozartien.
  • Distribution : Federica Lombardi (Fiordiligi), mezzo-soprano italienne à la voix ample et expressive; Samantha Hankey (Dorabella), mezzo-soprano américaine charismatique; Ana Maria Martinez (Despina), soprano portoricaine experte des rôles de soubrette; Duke Kim (Ferrando); Andrey Zhilikhovsky (Guglielmo); Gerald Finley (Don Alfonso), baryton-basse canadien légendaire, idéal pour ce rôle cynique.
  • Particularités : Cette production met en valeur l’équilibre parfait entre humour et profondeur psychologique, avec des ensembles vocaux virtuoses. Gerald Finley en Don Alfonso constitue un atout majeur de cette reprise vivante et engageante.
2. Macbeth (Giuseppe Verdi) – 17/10/2026
  • Description : Le drame shakespearien de Verdi met en scène l’ambition dévorante de Macbeth et de Lady Macbeth, plongés dans la trahison, le meurtre et la folie, sur fond de sorcellerie et de pouvoir politique.
  • Mise en scène : Louisa Proske dirige une nouvelle production audacieuse et sombre, qui accentue la tension psychologique et l’atmosphère oppressante de l’œuvre.
  • Chef d’orchestre : Yannick Nézet-Séguin, directeur musical du MET, apporte une lecture intense et dramatique à cette partition verdienne.
  • Distribution : Lise Davidsen (Lady Macbeth), soprano norvégienne star, dans un rôle-début très attendu; Quinn Kelsey (Macbeth), baryton américain puissant et nuancé; Freddie De Tommaso (Macduff), ténor britannique en pleine ascension; Ryan Speedo Green (Banquo), baryton-basse charismatique.
  • Particularités : Cette nouvelle production marque les débuts maison très attendus de Davidsen dans Lady Macbeth. Les airs emblématiques comme "Vieni, t’affretta" et le chœur des sorcières promettent des moments d’une grande intensité dramatique.
3. Samson et Dalila (Camille Saint-Saëns) – 05/12/2026
  • Description : Cet opéra biblique raconte la passion tragique entre le héros Samson et la séductrice Dalila, qui trahit son amant pour le compte des Philistins, dans un cadre exotique et sensuel.
  • Mise en scène : La production classique met en valeur le spectaculaire et l’opulence orientale de l’œuvre.
  • Chef d’orchestre : Giacomo Sagripanti, spécialiste du répertoire français, pour une direction passionnée.
  • Distribution : Aigul Akhmetshina (Dalila), mezzo-soprano russe au timbre somptueux; Clay Hilley (Samson), ténor américain héroïque; Quinn Kelsey (Grand Prêtre), baryton imposant.
  • Particularités : L’œuvre brille par ses grands airs ("Mon cœur s’ouvre à ta voix") et ses danses orientales. Cette distribution de haut niveau promet une soirée d’une grande puissance vocale et orchestrale.
4. La Fanciulla del West (Giacomo Puccini) – 23/01/2027
  • Description : Dans un camp de chercheurs d’or du Far West, la courageuse Minnie tombe amoureuse du bandit Dick Johnson, tandis que le shérif Jack Rance rivalise pour son cœur, dans un drame romantique teinté d’aventure.
  • Mise en scène : Richard Jones signe une nouvelle production dynamique et cinématographique qui capture l’esprit du Wild West avec énergie et humour.
  • Chef d’orchestre : Keri-Lynn Wilson, experte du répertoire italien, pour une direction vibrante.
  • Distribution : Vida Miknevičiūtė / Sondra Radvanovsky (Minnie), celle-ci soprano au tempérament de feu dans un rôle-début marquant; SeokJong Baek (Dick Johnson), ténor sud-coréen héroïque; Christopher Maltman (Jack Rance), baryton britannique charismatique.
  • Particularités : Première nouvelle production du MET en plus de 30 ans pour cet opéra rare. Les moments lyriques puissants et l’ambiance western en font une expérience unique et exaltante.
5. Silent Night (Kevin Puts) – 20/03/2027
  • Description : Cet opéra contemporain, inspiré de la trêve de Noël de 1914 pendant la Première Guerre Mondiale, suit des soldats ennemis qui déposent les armes pour une nuit de fraternité et d’humanité.
  • Mise en scène : James Robinson propose une production émouvante et réaliste qui souligne l’antithèse entre guerre et paix.
  • Chef d’orchestre : Dalia Stasevska, dans ses débuts au MET, apporte une lecture sensible et moderne.
  • Distribution : Elza van den Heever (Anna Sørensen), soprano dramatique; Ben Bliss et Rolando Villazón (tenors), dans des rôles clés poignants; Mattia Olivieri (baryton).
  • Particularités : Première au MET de cet opéra récompensé par le Pulitzer. Une œuvre puissante et actuelle qui mêle émotion brute, chœurs impressionnants et un message humaniste intemporel.
6. Manon (Jules Massenet) – 03/04/2027
  • Description : L’ascension et la chute tragique de la belle Manon, partagée entre l’amour sincère du chevalier des Grieux et l’attrait du luxe et des plaisirs parisiens.
  • Mise en scène : Laurent Pelly offre une vision élégante et théâtrale de la Belle Époque.
  • Chef d’orchestre : Yves Abel, spécialiste du répertoire français.
  • Distribution : Nadine Sierra (Manon), soprano américaine lumineuse dans un rôle signature; Matthew Polenzani (des Grieux), ténor lyrique raffiné.
  • Particularités : Manon est un rôle phare pour Nadine Sierra. L’opéra séduit par ses mélodies envoûtantes ("Adieu, notre petite table") et son portrait nuancé de la séduction et de la vanité.
7. Otello (Giuseppe Verdi) – 24/04/2027
  • Description : Le drame de la jalousie dévorante: le Maure Otello, manipulé par Lago, sombre dans la folie et détruit son amour pour Desdémone.
  • Mise en scène : Bartlett Sher, production dramatique et élégante qui met l’accent sur les tensions psychologiques.
  • Chef d’orchestre : Daniele Rustioni, pour une interprétation passionnée et précise.
  • Distribution : Ailyn Pérez (Desdémone), soprano lyrique radieuse; Brian Jagde (Otello), ténor héroïque; Artur Ruciński (Lago), baryton charismatique et machiavélique.
  • Particularités : Chef-d’œuvre verdien avec des moments orchestraux et vocaux d’une intensité rare ("Dio, mi potevi scagliar" et le duo final). Une distribution de premier plan pour cette tragédie shakespearienne.
8. Parsifal (Richard Wagner) – 05/06/2027
  • Description : Le dernier opéra de Wagner suit le parcours initiatique de Parsifal, innocent "pur fou", vers la rédemption et la compassion dans le royaume du Graal.
  • Mise en scène : François Girard, production visuellement somptueuse et spirituelle.
  • Chef d’orchestre : Yannick Nézet-Séguin, directeur musical du MET, propose une direction lyrique et lumineuse, claire et expressive, qui met en valeur la poésie, le mysticisme et le caractère rédempteur de l’œuvre.
  • Distribution : Elīna Garanča (Kundry), mezzo-soprano star; Piotr Beczała (Parsifal), ténor lyrique wagnérien; Peter Mattei (Amfortas), baryton d’exception.
  • Particularités : Œuvre mystique et contemplative, célébrée pour sa profondeur philosophique et sa musique transcendante (notamment le Prélude et le "Liebesmahl"). Une distribution slave et nordique idéale pour cette fresque wagnérienne.
Ce programme 2026-2027 reflète l’engagement du MET à équilibrer tradition et innovation, avec cinq nouvelles productions (dont Macbeth et La Fanciulla del West), une première mondiale et des reprises de grands classiques du répertoire. La saison met en avant des artistes de premier plan, comme Lise Davidsen (Lady Macbeth), Nadine Sierra (Manon), Sondra Radvanovsky ou Piotr Beczała, tout en introduisant des talents émergents et des œuvres contemporaines telles que Silent Night. Sous la direction musicale de Yannick Nézet-Séguin, le MET continue de repousser les limites de l’opéra tout en rendant cet art accessible à un public mondial grâce au programme "Live in HD".
Pour plus de détails, consultez le site officiel du Metropolitan Opera ou les plateformes de billetterie des cinémas participants.

Le programme Metropolitan Opera "Live in HD" concerne 
la retransmission en direct d'opéras, par satellite et en Vidéo HD (Haute Définition) 
depuis le célèbre MET (Metropolitan Opera de New York).

Les retransmissions sont diffusées dans des cinémas du monde entier, avec sous-titres en plusieurs langues (anglais, français, espagnol, hongrois, etc., selon les lieux).

Chaque retransmission inclut des interviews en direct avec les artistes, des images des coulisses et une qualité sonore et visuelle en haute définition.

Plus de 200 villes dans 75 pays à travers le monde, 
dont les États-Unis, en bénéficient.
En France, la  distribution en est assurée par le réseau Gaumont avec 
Pathé Live dans différentes salles de cinéma/théâtre/etc.

C'est la garantie d'assister, dans les meilleures conditions possibles (qualité des images et du son, gros plans), à des spectacles absolument extraordinaires:
œuvres des plus grands compositeurs ayant marqué l'histoire de l'Art Lyrique et 'castings' de classe mondiale.


Que du bonheur !!!


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Nota Bene :
La programmation (œuvres, dates et heures) 
peut notoirement varier d'une Salle de Spectacle à l'autre.
Toujours bien se renseigner au préalable !!!

dimanche 26 avril 2026

En direct du MET, le 02/05/2026: "Eugène Onéguine" ...

La septième retransmission de la saison 2025-2026 du MET (Metropolitan Opera de New York), présentée dans le cadre du programme "Live in HD", aura lieu le samedi 2 mai 2026 à 19 h (*). Le public pourra y découvrir "Eugène Onéguine", chef-d’œuvre de Pyotr Il’yich Tchaïkovski (1840-1893), l’un des sommets du répertoire lyrique russe. 

Rappel sur l’origine de l’œuvre

Eugène Onéguine est un opéra en trois actes, parmi les plus intimes et raffinés du compositeur. Tchaïkovski en écrivit le livret lui-même, avec la collaboration de Konstantin Chilovski, d’après le célèbre roman en vers d’Alexandre Pouchkine, publié en 1833.

Composé entre 1877 et 1878, l’opéra fut créé le 29 mars 1879 au Théâtre Maryinski de Saint‑Pétersbourg, lors d’une représentation bénéfice donnée pour le ténor Nikolai Figner. Accueilli d’abord avec réserve dans sa version de concert, il acquit une reconnaissance durable après sa première mise en scène intégrale à Moscou en 1881. Dépeignant avec une force rare les tourments du cœur et la mélancolie de l’âme russe, Eugène Onéguine s'imposa s’imposa rapidement comme un pilier du répertoire mondial, admiré pour la finesse de son écriture et la profondeur psychologique de ses personnages.

L'œuvre proprement dite

A. Résumé de l’œuvre 

Eugène Onéguine transpose à la scène lyrique le roman en vers d’Alexandre Pouchkine, chef-d’œuvre de la littérature romantique russe. L’opéra, à la fois intime et profondément dramatique, explore la rencontre manquée entre deux êtres que tout aurait pu unir.

  • Acte I
    Dans la campagne russe du début du XIXème siècle, Tatiana Larina, jeune fille sensible et rêveuse, partage la vie paisible de sa famille auprès de sa sœur Olga. La visite d’Eugène Onéguine, aristocrate désabusé venu de Saint‑Pétersbourg accompagner son ami, le poète Vladimir Lenski, bouleverse son existence. Submergée par un amour soudain, Tatiana écrit à Onéguine une lettre ardente où elle lui confie toute la sincérité de ses sentiments. L’homme, indifférent, rejette sa déclaration, estimant ne pas être fait pour le mariage et craignant de la faire souffrir.
  • Acte II
    L’action se déplace lors d’une fête donnée chez les Larine. Par lassitude ou provocation, Onéguine danse avec Olga, ignorant la colère qu’il suscite chez Lenski. Les deux amis s’affrontent au nom de l’honneur dans un duel absurde. A l’aube, Onéguine, malgré son trouble, abat Lenski. Ce geste irréparable marque le basculement du drame: le cynisme a détruit l’amitié et la légèreté s’est muée en tragédie.
  • Acte III
    Quelques années plus tard, Onéguine retrouve Tatiana à Saint‑Pétersbourg. Elle est désormais une femme accomplie, épouse du prince Grémine, modèle de dignité et de grâce. Devant ce miracle de transformation, Onéguine découvre la profondeur de ses propres sentiments et comprend ce qu’il a perdu. Il lui écrit à son tour, en proie à un désespoir sincère. Dans la scène finale, Tatiana avoue qu’elle l’aime encore, mais reste fidèle à son mari. Elle quitte Onéguine, laissant ce dernier face à sa solitude et à son repentir.

B. Thèmes abordés et portée poétique

Cet opéra met en lumière les contradictions de l’âme humaine: l’amour naissant et le désenchantement, l’orgueil et le remords, le destin et la liberté.

  • L’amour contrarié: Tatiana et Onéguine s’aiment sans jamais se rencontrer au même moment, incarnant la fatalité des sentiments manqués.
  • Le temps et la métamorphose: la jeune fille naïve devient une femme maîtresse d’elle-même, tandis que l’homme froid découvre trop tard sa capacité à aimer.
  • Le spleen et l’ennui: à travers Onéguine s’impose la figure de "l’homme superflu", symbole du vide moral propre à une génération désabusée.
  • Le devoir moral: Tatiana choisit la fidélité conjugale plutôt que la passion, tandis que Lenski et Onéguine sont les victimes tragiques des codes sociaux.
  • La tension entre province et capitale: la sincérité et la simplicité du monde rural contrastent avec la vanité du cercle mondain pétersbourgeois.

La musique de Tchaïkovski, quant à elle, épouse ces contrastes avec une intensité poignante: la scène de la lettre exprime l’élan pur du sentiment, tandis que le duel et la déchéance finale projettent toute la grandeur tragique d’un opéra fondé sur la vérité psychologique et la mélancolie de l’âme russe.

Distribution annoncée

La retransmission du samedi 2 mai 2026 marquera le retour d’Eugène Onéguine au Metropolitan Opera dans la raffinée production de Deborah Warner, créée en 2017. La distribution annoncée est la suivante:

Eugene Onegin: Igor Golovatenko
Tatiana: Asmik Grigorian
Olga: Maria Barakova
Filippyevna: Stephanie Blythe
Lenski: Stanislas de Barbeyrac
Prince Gremin: Alexander Tsymbalyuk
Direction musicale: Timur Zangiev
Mise en scène: Deborah Warner
Décors: Tom Pye
Chorégraphie: Kim Brandstrup
Costumes: Chloe Obolensky
Projections: Ian William Galloway et Finn Ross
Lumières/Eclairage: Jean Kalman


La mise en scène, signée donc Deborah Warner, s’attache à souligner la dimension humaine du drame, entre réalisme poétique et tension romantique. L’univers visuel réunit une équipe artistique reconnue: décors de Tom Pye, costumes élégants et subtilement historiques de Chloe Obolensky, lumières sculpturales de Jean Kalman, et projections signées Ian William Galloway et Finn Ross. La chorégraphie, confiée à Kim Brandstrup, apporte une touche de fluidité gestuelle à cette fresque d’émotions contenues.

Concernant à présent les rôles principaux et les interprètes:

  • Tatyana : Asmik Grigorian (soprano lituanienne)
    Révélation internationale saluée lors de son triomphal début au MET dans Madama Butterfly (2024), la chanteuse séduit par la puissance dramatique et la sincérité émotionnelle de son interprétation. Son timbre lumineux et sa présence habitée confèrent à Tatyana une fragilité bouleversante et une profondeur rare.
  • Eugène Onéguine : Igor Golovatenko (baryton russe)
    Spécialiste des figures tourmentées de la littérature slave, il retrouve ici l’un de ses rôles emblématiques. Son phrasé noble, son timbre sombre et sa maîtrise du jeu intérieur traduisent avec intensité le désenchantement et la culpabilité du personnage.
  • Vladimir Lensky : Stanislas de Barbeyrac (ténor français)
    Etoile lyrique à l’Opéra de Paris et habitué des scènes européennes, le ténor se distingue par la pureté de sa ligne de chant et l’élégance de sa diction. Idéal pour incarner le poète idéaliste et passionné, il apporte au rôle un lyrisme vibrant et une jeunesse poignante.
  • Olga : Maria Barakova (mezzo‑soprano bulgare)
    Artiste montante, elle séduit par la fraîcheur de son timbre et la spontanéité de sa projection vocale. Son interprétation d’Olga, enjouée mais nuancée, équilibre grâce et vitalité.
  • Prince Grémine : Alexander Tsymbalyuk (basse ukrainien)
    Sa voix généreuse et son autorité naturelle lui permettent de camper un Grémine d’une grande noblesse, à la fois discret et émouvant dans sa célèbre aria du dernier acte.
  • Filippyevna : Stephanie Blythe (mezzo‑soprano américaine)
    Figure emblématique du MET, elle prête à la nourrice une chaleur et une tendresse empreintes d’authenticité, ajoutant à l’ensemble une dimension humaine et familière.
Enfin, la direction musicale sera assurée par le jeune chef russe Timur Zangiev, dont la sensibilité expressive et la précision rythmique promettent une lecture à la fois lyrique et intimiste de la partition

Pages célèbres

Avant d’aborder ces airs marquants, il convient de souligner que cet opéra s’articule autour de moments suspendus et de confessions intimes qui traduisent l’évolution psychologique de ses personnages. Chaque aria, soigneusement intégrée à la trajectoire dramatique de l’œuvre, éclaire une facette du tempérament ou du destin de ses protagonistes, et contribue à dessiner l’atmosphère singulière de cette fresque lyrique. Ces pages, tour à tour introspectives, lyriques ou élégiaques, demeurent parmi les plus inspirées du répertoire romantique russe.

En voici quelques-unes:

  • Aria d’Olga "Ah! Tanya, Tanya… Ya ne sposobna" (Acte I)
    Dans ce passage caractéristique, Olga (la sœur de Tatyana) exprime sa vision insouciante et joyeuse de la vie, contrastant avec la mélancolie ambiante. Ce court air charme par la grâce de sa mélodie et la spontanéité avec laquelle Olga révèle sa personnalité vive et légère. Il offre à la mezzo-soprano un moment de fraîcheur, reflétant le charme provincial et l’innocence du personnage.​​

    En voici une interprétation par Natalija Matveeva (Olga) et Tatjana Ganina (Tatjana):
  • Scène de la lettre de Tatyana (Acte I)
    Moment central de l’opéra, cette longue scène constitue l’un des sommets de l’art lyrique de Tchaïkovski. Isolée dans la nuit, Tatyana, troublée par la rencontre d’Onéguine, laisse jaillir son émotion dans une lettre où se mêlent candeur, exaltation et effroi. Alternant flux mélodiques et arrêts méditatifs, l’écriture sinueuse traduit avec un réalisme bouleversant les changements d’états d’âme de la jeune fille. Le dialogue intime entre la voix et l’orchestre, d’une intensité quasi symphonique, fait de ce monologue un véritable poème musical sur la naissance du sentiment amoureux.

    En voici une double interprétation par respectivement Anna Netrebko et Asmik Grigorian:

  • Air de Lensky "Kuda, kuda, vi udalilis" (Acte II)
    Avant d’affronter Onéguine, Lensky médite sur la vie, le temps qui s’enfuit et la mort qu’il pressent. Dans cette aria d’une pureté désarmante, la ligne mélodique épouse le souffle de la prière et l’abandon du désespoir. Sur fond d’harmonie finement modulée, Tchaïkovski confie au ténor l’une des confessions les plus douloureuses et les plus lyriques du répertoire, tout empreinte de mélancolie romantique et de dignité.

    En voici une double interprétation par respectivement Ovidiu Purcel et Benjamin Bernheim:

  • Air du prince Grémine "Lyubvi vse vozrasty pokorni" (Acte III)
    Le prince Grémine chante son bonheur calme et profond auprès de Tatyana, évoquant un amour mûri par le temps. Sa mélodie ample, soutenue par des cordes chaleureuses, contraste avec la passion tourmentée des autres personnages. Cet instant de sérénité, porté par une écriture noble et fluide, incarne la sagesse affective et la stabilité morale que Tchaïkovski oppose à l’inconstance d’Onéguine.

    En voici une double interprétation par respectivement Ain Anger et Mikhail Petrenko:

  • "La Polonaise" (Acte III)
    Elle marque l’ouverture du bal pétersbourgeois où Onéguine retrouve Tatiana dans un autre monde social et esthétique. Cette danse lumineuse et rythmée incarne la grandeur et l’élégance de la haute société russe, avec un orchestre éclatant et une écriture brillante typique de Tchaïkovski. Symbole du faste et du décorum, la Polonaise n’est pas seulement une transition spectaculaire: elle sert d’écrin à la tension dramatique du dernier acte, en confrontant la nostalgie du passé à la réalité mondaine du présent.

    En voici une double interprétation par respectivement l'Orchestre/Ballet du Théâtre du Bolchoï (sous la direction de Valery Gergiev) et l'Orchestre Philarmonique de Berlin (dirigé par Claudio Abbado):

Enfin et en complément de tout ce qui précède, voici le synopsis complet de ce magnifique opéra. 

​Impact et héritage

Avec Eugène Onéguine, Tchaïkovski opère une véritable révolution dans l’opéra russe en privilégiant l’exploration intime et psychologique des personnages, à rebours des traditionnels tableaux spectaculaires. Ce choix artistique trace une voie nouvelle et inspire durablement les générations suivantes, des profondeurs lyriques de Rachmaninov aux modernités de Chostakovitch.​

L’œuvre s’est imposée comme l’une des pierres angulaires du répertoire mondial, figurant parmi les opéras les plus fréquemment donnés au Metropolitan Opera de New-York, où elle cumule plus de mille représentations. Portée par la grâce mélodique et la nostalgie propre à la sensibilité slave, elle touche à l’universel en incarnant la beauté des regrets et la puissance des sentiments inassouvis. De grandes voix, telles que celles de Maria Callas ou Anna Netrebko, ont sublimé ce drame poétique, contribuant à inscrire Eugène Onéguine dans la mémoire collective des mélomanes.​

La production de Deborah Warner, magnifiée par une scénographie spectaculaire, perpétue aujourd’hui cette splendeur intemporelle et invite à redécouvrir la modernité du chef-d’œuvre lors de cette retransmission mondiale en Live in HD.

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(*) : Les dates/heures peuvent varier d'une Salle de Spectacle à l'autre. Toujours bien se renseigner au préalable !!!

Pour pleinement savourer chaque vidéo, une fois celle-ci démarrée, se mettre en "Plein
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Cela, naturellement, en utilisant, au strict minimum, un casque audio de qualité !!!

Nota Bene: Les informations/photos contenues dans cet article proviennent, pour l'essentiel, de sites Internet spécialisés (MET, Opera Online, Backtrack, ForumOpera, Ôlyrix) ainsi que de la "Mine d'or" YouTube. Sans oublier la véritable "Bible" en la matière que constitue le livre "Tout l'Opéra" de Gustave Kobbé.